Nous souhaitons aborder un problème de fond, qui risque de nous emporter totalement, nous, élus locaux et citoyens, dans la remise en cause que nous connaissons de notre rôle d’intervenant local.

En effet, se pose de plus en plus la question suivante : La collectivité publique est-elle là pour offrir un service à la population ou pour rendre un service public ?

Au bout du compte le service sera rendu à la population… et pourtant, l’approche est diamétralement opposée. Dans notre ville déjà :

  • La restauration scolaire est sous traitée,
  • Les crèches et haltes garderie, de plus en plus, sont sous traitées
  • Le ramassage des ordures et la propreté de la ville sont sous-traités,
  • Même la prévention est à présent sous-traitée,

Par facilité, rapidité d’exécution, prétendue rentabilité, etc. quel qu’en soit la raison ou le prétexte (souvent mauvais), la majorité municipale de Charenton transforme la collectivité en prestataire de service, loin de la notion de service public. Cette logique revient à convertir Charenton en une espèce de grande holding qui répartirai les marchés et les services à la population. Nous aurions des clients, nous mettrions en place une notion de rentabilité et avec la puissance financière d’une commune nous pourrions même offrir des prestations très compétitives.

Rien qu’en lisant ces lignes vous comprenez que notre devoir est d’apporter un service public à nos concitoyens et pas seulement répondre à la satisfaction d’un besoin.

En effet, la notion de service public est consubstantielle à notre action et nos traditions. Elle est signe de qualité, d’adaptabilité, d’écoute, d’égalité et d’évolution. La facilité, c’est la sous-traitance. Elle génère de plus en plus un regard consumériste quand il faudrait créer une notion de bien public, de bien(s) commun(s). Quoi qu’on en dise, les Françaises et les Français sont très attachés à leur service public, on l’entend tous les jours.

Se réfugier avec excès dans la sous-traitance c’est se tirer une balle dans le pied, c’est annihiler l’essence même de la fonction de la collectivité, qui consiste en la répartition de l’impôt. C’est également laisser dire que l’Etat en général, et les communes en particulier sont de moins en moins utiles et qu’il suffit, à un autre niveau, de déléguer leurs compétences pour gagner en rentabilité et être plus forts dans les marchés confiés à la sous-traitance.

Ne soyons pas nous mêmes nos propres fossoyeurs, ne nous donnons pas le bâton pour nous faire battre.

Si nous voulons affirmer avec force notre rôle de collectivité locale c’est dans le service public que nous le réaffirmerons, pas dans le simple service rendu au public.

Catégories : Charenton

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