Vous savez déjà que l’exposition des Charentonnaises et des Charentonnais au bruit est au cœur de nos préoccupations. Et rien ne semble, d’ailleurs, apaiser celles-ci.

Il y a quelques semaines, Bruitparif, l’observatoire régional du bruit, a publié une étudie qui analyse l’impact du bruit (quelle que soit sa source) sur la santé des Franciliens, et en particulier des habitants de notre commune. Le résultat en est stupéfiant.

En effet, notre position, entre les voies de chemin de fer, l’A4, le Boulevard Périphérique et la valse des hélicoptères pose Charenton et Saint-Maurice parmi les villes les plus touchées du Val-du-Marne : leaders pour le bruit routier, et 4ème pour le bruit ferré. Nous en avions déjà présenté les grandes lignes dans l’article suivant : Le bruit à Charenton, ça suffit !

Comme nous le disions déjà dans cet article, une bonne partie de notre commune dépasse les valeurs limites, et ceci est encore vrai aujourd’hui, à la fois pour le bruit routier et pour le bruit ferré.

Route :

Ferré :

L’exposition au bruit a un impact significatif sur la vie des Charentonnais. En effet, en moyenne, elle nous fait perdre à chacun 17.2 mois de vie en bonne santé d’après Bruitparif. Car, en réalité, l’impact du bruit sur nos organismes « dépasse la simple gêne occasionnée ». Bruitparif mentionne ce qui suit : « Au-delà des effets sur le système auditif constatés à des niveaux sonores élevés, plusieurs effets extra-auditifs ont ainsi été identifiés : en particulier les perturbations au sommeil, les troubles cardio-vasculaires et la baisse des capacités d’apprentissage. Les études ont également montré que le bruit est un facteur qui renforce les inégalités sociales, les populations les plus exposées étant aussi généralement les plus défavorisées ».

Naturellement, nous ne sommes pas les seuls concernés. En effet, 90% des Franciliens (9 millions de personnes) sont « exposés à des niveaux supérieurs aux valeurs recommandées par l’OMS ». En revanche, Charenton est bien l’un des points noirs du bruit en Ile-de-France, avec ces 17.2 mois de vie en bonne santé perdus contre 10.7 mois en moyenne à l’échelle régionale pour 2018, elle-même supérieure de 3.4 mois à la moyenne de 2015.

Bruitparif liste donc 1500 aires de 250m² dans toute la Région à enjeux prioritaires, et Charenton n’est pas en reste.

Fort de ce constat, la Mairie a l’obligation d’apporter une solution à ce problème. Une première action avait été prise concernant le bruit routier avec le revêtement anti-bruit de l’A4. Toutefois, nous voyons bien que cela n’est pas suffisant. La couverture des voies de chemin de fer et de l’A4, avec la coopération de l’Etat, de la Métropole du Grand Paris et de la Région doit être une priorité.

La couverture des voies de chemin de fer parait plutôt aisée. En effet, les voies étant placées en tranchée, sur une distance assez courte ; la couverture, au moins entre le lycée Robert Schuman et l’Avenue de la Liberté.

Pour l’autoroute A4, on nous a vendu la pseudo solution des murs anti-bruit, ou la conversion en autoroute urbaine. Or, ces deux solutions sont inopérantes :

  • Pour que les murs anti-bruit soient efficaces face à des bâtiments d’une vingtaine d’étages, ils devraient mesurer plusieurs dizaines de mètres de hauteur sur toute la longueur de l’A4, avec des gains sur le bruit limités, pour un coût relatif important.
  • La solution autoroute urbaine est plutôt séduisante. Intégrer l’autoroute transformée dans le paysage urbain contraindrait les véhicules à circuler à des vitesses inférieures et à changer le profil des véhicules qui empruntent cet axe. Cette solution est celle choisie (apparemment) par la Mairie comme alternative crédible et non coûteuse à la couverture. Nous disons apparemment parce que depuis les années que nous entendons parler de cette situation, rien ne se passe. 4 limites se posent pour cette option :
    • Premièrement, une autoroute urbaine n’a de sens que si l’on peut multiplier les entrées et les sorties. Or, il suffit de parcourir le Quai des Carrières pour se rendre compte de l’exiguïté de l’espace. Hormis celles qui existent déjà, il parait compliqué de rajouter des sorties et des entrées.
    • Ensuite, nous sommes en train de parler du plus gros bouchon d’Europe, celui qui court depuis le Pont de Nogent jusqu’à Bercy. Nous imaginons mal comment s’incluent 260 000 véhicules par jour dans l’espace urbain du Quai des Carrières, qui sont déjà très embouteillées.
    • Une telle solution pose la question des camions se dirigeant vers Paris, et la circulation de tels véhicules dans notre ville.
    • L’argument du coût ne tient pas, car il faudrait de toute façon revoir la totalité de l’infrastructure de la totalité de l’A4 mais aussi du Quai des Carrières.

Par ailleurs, même le député (LR) Michel Herbillon semble être d’avis que la couverture est la seule solution. En effet, voici un élément d’une question posée à Mme Borne, ministre chargée des transports : « Je souhaite avoir des informations quant à l’avancement du projet de couverture ou de semi-couverture de l’autoroute A4, étudié de longue date par les services de l’Etat, dans le secteur du pont de Charenton, où les riverains de Charenton et de Saint-Maurice subissent le bruit des 260 000 véhicules qui circulent chaque jour sur cette autoroute. Malgré la pose récente d’un revêtement phonique, qui a certes amélioré la situation, cette portion d’autoroute demeure un point noir du bruit en Île-de-France. Il est donc absolument nécessaire que l’Etat, qui a mené de nombreuses études sur ce projet, nous indique désormais ce qu’il entend réaliser et dans quels délais ».

Plus loin dans la question, il précise : « concernant les habitations de Charenton et de Saint-Maurice situées aux abords du pont de Charenton, je vous assure que l’on nous parle d’études depuis de longues années. Il faudrait qu’elles aboutissent. Bien entendu, le revêtement a permis d’améliorer la situation, mais vous savez fort bien que cela ne suffit pas. 260 000 véhicules passent tous les jours. Les habitants de Charenton et de Saint-Maurice subissent des nuisances extrêmement fortes. Je souhaiterais que ces études sur la semi-couverture ou la couverture aux abords du pont de Charenton soient enfin menées à terme, et que les travaux commencent. C’est ce que nous attendons, et je vous remercie d’y veiller ».

            Nous n’attendons que cela. C’est un enjeu de transports, de sérénité de la ville, mais aussi, et surtout un enjeu de santé publique, rien que sur la partie du bruit.

Catégories : Charenton

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