En ayant choisi de faire de l’année 2019 une année solidaire et humaniste, la majorité municipale doit faire face à ses propres annonces au risque de devoir gérer ses contradictions.

L’extension du « Pass’sport », dispositif permettant d’obtenir une remise sur son adhésion à une association locale, à l’ensemble des collégiens, est une mesure que nous demandions de longue date et qui semblait presque exagérée aux yeux de la majorité. Elle coutera en définitive à la commune 27.000€ de plus de précédemment.

Idem pour le « Pass’activité solo » qui est spécifiquement destiné aux familles monoparentales, mesure que nous avions initiée par la prise en compte de ce type de famille dans le calcul du quotient familial, aura un coup de 40.000 €.

Et l’extension du « Soutien à l’Accueil des Jeunes Enfants », permettant de compenser le coût d’une garde à domicile quand l’on nous a refusé une place en crèche, aura un coût supplémentaire de l’ordre de 40.000 €.

C’est donc un effort de 100.000 € qui est annoncé, sur un budget social (CCAS) de 1,5 M€ et un budget global de la ville 80 M€.

Ce n’est donc pas « rien », mais, si nous soutenons ces mesures, elles représentent si peu par rapport à l’importance des besoins, mise en parallèle avec les annonces faites et les réelles capacités de notre ville.

En effet, en ce moment dans notre pays, s’exprime un mouvement, dit des « gilets jaunes ». Sans revenir dessus, nous voulons simplement en tirer un élément : nous avons constaté qu’il s’agissait de citoyens aux fins de mois extrêmement difficiles, tout en ayant pourtant un emploi.

La lutte contre la précarité de ceux qui, du jour au lendemain peuvent se retrouver sans rien, entraine l’impérieuse nécessité de revoir de fond en comble notre approche sur la tarification des services publics municipaux. Il faut par exemple étendre le principe du quotient familial à tous les services publics, le rendre plus équitable et proportionné là où il existe de façon un peu tronqué, mais aussi, au conservatoire notamment, là où il n’est pas encore mis en place.

Mais, parce que la population, dite des classes populaires et moyennes, nous l’exprime avec force aujourd’hui, il faut également revoir les tranches du quotient familial. Aujourd’hui, dans le cadre d’une famille traditionnelle avec les deux parents qui travaillent et ayant deux enfants, il faut pour le premier tarif avoir des revenus, pour chacun des parents, inférieur à 1.000 € par mois. Qui, avec moins de 1.000 € par mois, peut se payer autre chose que de faire survivre sa famille ? Avec le Smic, qui se situe à 1.200 €, cette famille « type » passe dans la 2è tranche. Même question, comment permettre à nos enfants de bénéficier de la restauration scolaire, d’une activité, de l’Espace jeunesse, etc… avec ce niveau de revenu et le coût qu’engendre l’actuel quotient familial ?

Agir en étant « solidaire et humain » implique donc plus que des mots mais un engagements profond et déterminé.

Les élus du groupe « Charenton Avant Tout ! » ont voulu dessiner le chemin à suivre…l’actuelle majorité l’empruntera-t-il ?

Catégories : Charenton

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *